Je crois avoir la chance de vivre dans ma vie tous les types d’amour que l’on puisse offrir. L’amour des miens, car j’ai la plus grande chance de ne pas être “Un qu’il a pas de famille” et de ne pas m’appeler “Mr Edmond” par la signature d’un bureaucrate zélé! Je suis né d’un père et d’une mère (Alléluia!) qui s’aimaient et qui m’ont aimé malgré mes mauvaises notes, malgré mon autisme adolescent, et malgré mon homosexualité!
J’ai aussi reçu en cadeau l’amour de gens que j’ai rencontré au gré des jours, de mes pas, de mes destinations. Des gens que j’ai considéré comme mes amis, mes copains, mes camarades. Mais tous m’ont aussi offert des moments de bonheur, des racontars futiles de boutonneux, des prises de têtes “parce qu’il a dit çà sur moi!”, de purs bouffaïsses ou juste des solos monumentaux! Et ce malgré ma salopette trop moche, mes kilos en trop, et même mon homosexualité!
Mais de ces deux relations je n’ai jamais réussi à comprendre leur fonctionnement.
La première on ne la choisi pas, c’est “Le tout puissant” (enculé!) qui nous l’impose en nous posant dans un utérus au hasard. On rencontre alors des personnes avec lesquelles on doit vivre pendant un minimum de 18 ans (maintenant c’est plutôt 13 ans avec les nouvelles générations) sans pouvoir faire autrement. On supposerait alors qu’on les aime automatiquement, que c’est une évidence car nous les avons toujours connus, car ils sont une autre partie de nous, parce qu’on forme tous la même meute d’humanoïdes. Mais contre toute attente, la vie fait qu’on fini par en détester certains qu’on voudrait étrangler avec des spaghettis pas cuits autours de la table de cuisine.
EX: Pour moi ce coupe-coupe c’est porté sur mon grand frère, “celui qui doit assurer”, car trop colérique, trop irrespectueux, trop égoïste quelque-part, trop mon inverse.
De la deuxième on se dit qu’il est plus difficile d’arriver à trouver chaussure à son pied, de trouver des ressemblances dans le blanc des yeux de tous ces visages qui nous ferons aller vers un Pakistanais plutôt qu’un Bengalis, vers un Camerounais plutôt qu’un Norvégien… Mais on finit par s’entourer de personne qu’on l’on choisit plus ou moins, que l’on finit par apprécier plus ou moins, et qu’on finit par connaître plus ou moins. Des moins on en fera juste des copains qu’on finira par larguer sur le bord de la route par manque de place dans le camion de la vie, ou juste parce qu’il préfèrent monter dans un autre train. Des plus on en fait des amis, des personnes que l’on estime autant que ses parents, avec qui l’on aime partager un quotidien parfois un peu pesant.
Ex: C’est avec Ma coco, ma Didine, ma Mari, mon Nico, mon Chris, ma Dodo, ma Mag…. et d’autres que j’ai construit ma petite vie pépère.
Mais si finalement j’ai choisi toutes ces têtes de pet pour me faire rire et vivre, pourquoi suis-je en train de faire le triste constat que je perds petit à petit toutes ces personnes que j’aime? Pourquoi quand je me retourne je ne vois plus leurs visages me sourirent, mais simplement une rue vide? Parce qu’ils sont tous partis vivre leurs vies, tous loin de moi, loin de nos vies anciennes, loin de nos vies de lycéens?
Il y a ces amitiés qui s’arrêtent parce que finalement on devait pas totalement se ressembler, s’entendre suffisamment bien pour tenir toute une vie. Çà se fini alors plus ou moins dans le mensonge, dans les reproches ou juste dans le silence de tous les jours. Mais finalement on l’accepte car on y est aussi pour quelque chose, car “on change” aussi et qu’on ne fait pas grand chose pour retenir ces amitiés foutues.
Mais le plus déchirant c’est certainement ces amitiés que l’on voit filer devant ses yeux sans pouvoir arriver à les retenir, celles qui commencent par un coup de fil tous les 3 mois, puis tous les 6 mois…. Puis un jour on se rend compte qu’on ne sait même pas l’adresse où vit notre “Amis de toujours”, à quoi ressemble son appart, les coins où il traine ou ce qu’est devenu sa passion du Jet 27! On se dit alors qu’on ne fait pas assez d’effort pour les appeler, pour leur dire combien on les aime, pour prendre un billet de train et aller les voir…. Et finalement on pleure juste en se disant qu’on est en train de perdre sa chaire en les laissant partir.
Car oui je vous aime, oui vous me manquez, oui je veux que vous me reveniez… et oui j’ai besoin de vos sourires pour vivre heureux!