Manu,
” Il se déroule sous nos yeux, depuis quelques semaines, une phase de vie qui vous appartient et que l’on voit se passer avec une certaine douleur pour nous aussi, malgré tout, du fait de notre proximité.
Lorsque j’ai connu Olivier, je vous ai connu aussi et vous représentez plus à mes yeux sa famille que ses propres parents, avec qui cela a été difficile. Vous vous êtes encrés dans notre vie de couple comme “ceux” que j’ai apprécié et aimé en tant que belle-famille et “ceux” avec qui je prends du plaisir à évoluer en dehors de nos amis. J’ai alors appris à connaître et à partager des choses avec Manon, puis avec chacun de vous.
Et dans cette famille il y a vous, les v…, avec lesquels j’ai appris à vivre et à partager. Mon cœur m’a bien sûr porté vers vos filles qui m’ont accueilli et aimé comme un des leurs et sans différence, bien au contraire. Et puis il y a vous deux, Manu et Fanny! Comme dans toute relation humaine, que se soit amicale ou familiale, il y a dans ma vie, et dans celle de chacun, des affinités qui se sont faites en fonction des caractères et des moments. Et j’avoue que je vous aime tous les deux très fort en tant que “famille africaine”, mais j’avoue aussi avoir plus d’affection pour toi de part ta gentillesse, ta sensibilité et aussi ton côté tellement “sacré Manu”. Et je dis cela sans aucune haine ou manque d’amour vis-à-vis de anny, car elle fait aussi parti de ma vie, de ma belle-famille, des gens que j’aime avoir dans ma vie…. mais, tout comme au sein de ma propre famille où je n’ai pas les même affinités avec mes sœurs que mes frères, il me parait normal qu’au sein de ma belle-famille, j’ai plus d’affinité pour certains.
Je n’en veux pas à Fanny car je ne me permettrai pas de porter de jugement sur ce qui au fond ne me regarde strictement pas, car c’est votre histoire et votre amour. Mais comme je l’ai dis aussi, il est normal, je crois, que nous soyons touchés, et affectés même, par ce qui se passe. Il nous ait alors obligé de réfléchir, voir et analyser cela avec les brides d’informations que l’on a.
Et je l’avoue et le redis, de ma position, mon empathie se porte vers toi dont je vois chaque mardi le cœur et la vie souffrir un peu plus et se flétrir encore et toujours. Bien sûr que la situation n’est pas facile pour Fanny et bien sûr qu’elle souffre de tout ceci, car oui je la crois perdue aussi… enfin d’après ce qu’elle veut bien laisser savoir. Je sais que pour elle il n’est pas facile forcément de choisir entre perdre sa vie qu’elle aime (ou du moins qu’elle a aimé), et en gagner une autre qu’elle pense plus en adéquation avec son envie de vivre actuellement. Mais là où mon cœur saigne à chaque fois, et la raison pour laquelle mes larmes coulent en écrivant ses lignes, c’est que je ne comprends toujours pas les raisons pour lesquelles elle te fait souffrir ainsi.
Je crois en la force d’un couple quand il sait parler, discuter, affronter les problèmes et les solutions ensemble et de manière forte. Alors que là il y a une femme qui a besoin de réfléchir, de savoir ce qu’elle veut, ce qu’elle ressent, et de l’autre côté un homme a qui elle demande d’attendre gentillement sans trop lui poser de questions, sans trop la bousculer, sans trop lui en demander aussi. Alors oui je me permets de donner mon avis et oui je la trouve égoïste, oui je n’admet pas qu’elle puisse te demander d’attendre qu’elle ait passé son examen au lieu de se consacrer à votre couple, à essayer de vous soigner, ou non, plutôt que de ne penser qu’à elle. Car oui ma conception du couple me fait dire que l’égoïsme n’a pas de place en son sein. Je crois, et c’est surement que çà me regarde vraiment pas, mais j’ose croire qu’il y a plus entre vous à faire et à régler qu’une histoire d’examen, de fatigue accumulée à la mairie, ou de faux-semblants à donner en attendant d’en savoir plus.
Alors oui finalement il y a peut être un brin de colère de ma part dans tout cela, non pas vis-à-vis d’elle particulièrement, mais vis-à-vis de la situation qui nous affecte tous vraiment. Ces faux-semblants sont de plus en plus difficile à regarder chaque mardi car on te voit tous souffrir. Je n’ai jamais aimé faire semblant et je n’ai surtout jamais aimé la souffrance des êtres que j’aime.
Tu es et restera toujours un membre important de ma belle-famille, de mon entourage et de mes amis, quoi qu’il se passe, quoi qu’elle décide, ou quoi que tu en arrives à faire par dépit ou souffrance. Je pleure chaque jour en pensant à toi, ta souffrance et je crois que le plus insupportable pour moi c’est de ne rien pouvoir faire pour t’aider, à part te dire ces mots. Tu es certainement un de ces hommes que je suis fier de connaître de par ton cœur, ton esprit et tout ce que tu nous apportes. Je reste persuadé qu’elle est en train de vous détruire, sans le vouloir surement et parce qu’elle souffre, mais elle fait une grave erreur car elle ne retrouvera jamais un homme comme toi sur terre.
Pardon si ces mots te dérangent, pardon si ils te blessent, pardon si j’aurai du me taire, pardon si tu pleures…. mais j’avais besoin de te le dire. Je ne sais pas combien de temps je supporterai de vivre ces mardi avec vous, mais je le fais avec plaisir, amour pour vous et les filles, et surtout en espérant que cela te donne un tout petit peu moins mal, ne serait ce que quelques minutes…
Gilles “