J’avais imaginé ma première embauche de personnel comme quelques chose d’hyper important, voir de primordial, en tant que patron car il faut savoir bien s’entourer pour bosser dans de bonnes conditions et avec plaisir (pas comme l’a fait avant moi “l’apothicaire du roi”!)
Occasion me fut donnée courant du mois de juin quand, après une grande constipation concertation avec mes collaborateur (çà fait bien non?), nous avons décidé de prendre un apprenti préparateur pour nous aider dans la vie bureautique avec ses deux mains et son cerveau (qui parfois fait défaut ici bas!). J’ai donc téléphoné au centre de formation, demandé à ce qu’il note mon nom sur une liste de potentiels employeurs, en précisant bien sûr que ma demande s’adresse avant tout à un garçon (à défaut je prendrai une pisseuse!) pour amener un peu de testostérone parmi mon équipe de ménopausées.
J’ai donc reçu des CV, vu passer des filles, beaucoup de filles, qui voulaient travailler chez moi mais qui malheureusement avaient l’air d’avoir le QI d’une palourde à elles toutes. Une qui ne savait pas parlé français, une qui m’a amené un CV et une lettre de motiv fais dans un tableau Excel, une qui avait 12 ans, une qui ne devait pas savoir ce que c’est qu’un patron, une qui suce des bites… Au milieu de tout çà j’ai vu passer 2 hommes: un qui devait être plus efféminé que l’ensemble des filles de la pharmacie, et qui de surcroit m’a amené un CV écrit à la main sur une feuille d’un bloc note à petits carreaux; et Davy.
Alors là j’avoue qu’en voyant Davy je me suis dis: “au diable les gens bien et compétents, si je le prenais pour faire un peu chier les filles”. Faut quand même situer un peu le personnage. D’abord c’est une petite racaillou; loin d’être méchant, sa garde-robe semble se composer de jogging, baskets et sweat. Ensuite sa fausse dent en or pourri à la Joe et son “ouais M’sieur” surprennent plutôt qu’ils ne dérangent. Et puis je me suis dis qu’un mec non conventionnel comme on peut les voir dans les rues de notre quartier, au milieu de filles qui bossent ensemble depuis 25 à 15 ans et qui n’ont de cesse de se chercher les poux pour passer le temps, çà pourrait être pas mal pour calmer tout çà et leur montrer un peu qui s’est qui pisse debout ici (levez la main svp, parce que moi non!).
Alors je l’ai engagé, je lui ai dit qu’il commencerai au 1er septembre et qu’il n’avait qu’à m’appeler dans l’été pour que je lui donne ces horaires. J’ai n’ai pas eu de ses news de tout l’été, j’ai appris par le centre de formation qu’il n’est pas venu s’inscrire et que probablement ils ne l’accepterai pas à la rentré. Alors là je me suis dis: “çà c’est de la bonne racaille comme on l’aime, et çà va bien faire péter la bombe à la pharma (enfin s’il est pris à l’école). Alors je l’ai défendu au près du directeur, je lui ai dis que c’était un bon petit gars et qu’il mérite toute notre attention, “parce qu’il est loin d’être con”.
Et puis il s’est présenté à la pharma, 2 jours avant le 1er septembre. On a parlé, je lui ai donné ces horaires, j’ai appelé l’école avec lui en faisant tout pour qu’il s’excuse et qu’ils le prennent car je le voulais absolument dans mon équipe. Bien sûr ma douce voix de téléphone rose a fait que c’est connasse de secrétaire de direction a accepté de me faire plaisir. C’est là que les choses ont commencé à être étonnantes.
Au fil des jours, j’ai vu un jeune homme qui, sous ces airs de petite frappe, est très respectueux des gens, du travail, de la hiérarchie. Il est avide d’apprendre, de comprendre et d’entreprendre au près de nous comme des patients. Ils nous a tous surpris par sa capacité à apprendre, à analyser et à retenir les choses les plus connes comme les plus chiantes (et dans le gens le nom des médicaments c’est pas mal!). Bref je me suis dis que finalement mon flaire ne s’était pas tourné vers un jeune à problème mais plutôt face à quelqu’un qui est l’inverse de mes employées habituelles: jeune, dynamique et intelligent.
Alors oui je l’avoue je me suis laissé surprendre par cette nouvelle tache que je ne connaissais pas. Je pensais pouvoir maitriser le côté humain (mieux que “l’apothicaire”), mais finalement j’avoue que c’est quelques chose de dur. Heureusement pour moi la surprise fut agréable et positive, mais va falloir que je serre les fesses pour la prochaines fois car çà risque de pas se passer aussi bien.
(En plus il a quand même un très beau cul, et de grands mains! et on sait tous ce que çà veut dire ;-))